Biòulet

Texte, commentaires et traduction

 

 

Le film Biòulet est une adaptation pour l’écran du livre

 

« Biòulet, biòugraphie d’un taureau de Camargue ».

 

 

 

          Le texte entendu dans le film correspond à environ 1/3 du texte complet. Le livre inclut également les traductions. Chaque dessin occupe une double page, soit un format panoramique de 42 cm par 15 cm. Pour avoir une idée de la présentation, il suffit d'aller voir sur le site, rubrique Bioulet, le livre.

 

          Ci dessous quelques informations à destination du profane en matière de tauromachie camarguaise et/ou de parler méridional.

 

1 - Précisions sur le langage et sur les traditions camarguaises autour des taureaux

 

2 - Texte avec traduction du parler méridional

 

3 - Quelques informations sur le taureau Gandar et autres éléments ayant inspiré le livre

 

 

 

1 - Précisions sur le langage et sur les traditions camarguaises autour des taureaux

          Dans ce film, on trouve de nombreuses expressions régionales. On les entend encore dans nos villages, et particulièrement dans le contexte des courses de taureaux. Ces expressions correspondent généralement à la francisation de termes issus de la Lengo Nostro (occitan/provençal) couramment parlée dans le Midi de la France il n’y a pas si longtemps.

          L’arrière plan du film (et du livre) est constitué par la Camargue et les villages de la périphérie, où se déroulent des jeux taurins. Il s’agit notamment d’abrivado, d’encierro, ou de courses à la cocarde. Les taureaux à la corde ne sont plus autorisés, sauf exception. Dans ce cas le taureau était lâché dans les rues du village, retenu par une longue corde pour éviter qu’il ne s’échappe.

          En simplifiant :

Les abrivados sont des courses de taureaux encadrés par des gardians à cheval.

Les encierros (terme d’origine espagnole) sont des lâchers de taureaux dans les rues d’un village, le périmètre étant fermé par des barrières.

          Dans les courses à la cocarde, un ruban et d’autres attributs sont fixés aux cornes des taureaux. Les participants doivent les enlever à l’aide d’un crochet (raset). Cela peut se faire dans le cadre de fêtes, avec les jeunes des villages. Ou alors dans le cadre plus règlementé des Courses Camarguaises où les taureaux sont confrontés à des raseteurs.

          Les taureaux âgés de 4 à 6 ans environ sont confrontés à de jeunes « raseteurs », c’est le cas pour le Trophée de l’Avenir. Les meilleurs taureaux, ceux qui défendent le mieux leur cocarde et autres attributs tout en offrant du spectacle, passent dans la catégorie supérieure. Ils ont souvent 7 ans et plus, et sont confrontés aux meilleurs raseteurs, les « As ».

          Le livre et le film dont il est inspiré font allusion à une sorte de hiérarchie en terre de bouvine. Tout en bas, le taureau à la corde. Puis le taureau d’encierro, métier dangereux. Le taureau d’abrivado, métier plutôt pépère. Et en haut de la hiérarchie, taureau cocardier. C’est pour cette raison que le grand-père, taureau d’abrivado, est nommé Pastasse, bonne pâte, et que le père, taureau d’encierro, est nommé Le Calu, le fou. C'est aussi pour cette raison que le narrateur précise que l’arrière grand-père, taureau à la corde, a signé un contrat sans savoir le lire et qu’il s’est fait avoir.

          Il existe aussi des courses de vaches cocardières, c’est là que s’est illustrée Idéiousse, la mère de Biòulet. Ce personnage n’a pas pu être développé dans le film. Elle est féministe et révolutionnaire, autrement dit elle déborde d’idées, et parfois se montre illuminée. C’est le sens du mot idéious (se) en français méridional.

          Le livre « Biòulet, biòugraphie d’un taureau de Camargue » comporte bien d’autres termes régionaux, eux aussi expliqués.

          De nombreux termes régionaux relatifs aux Courses Camarguaises sont présentés dans le livre Avise, le biòu !, dont des extraits figurent également sur le site.

          Pour finir rappelons que les taureaux sont élevés dans des manades. Et que le propriétaire de la manade (le manadier) est assisté par des gardians, la plupart bénévoles.

 

Début

 

2 - Biòulet, le texte avec la traduction du français méridional

 

 

Narrateur                Biòulet (le petit taureau)                Pastasse (le papet)

 

- Papet, mon maître il dit que la Camargue, c’est artificiel.

- Ton maître, il y comprend que dalle !  La Camargue, ça existait avant la création du monde.

Un jour d’hiver, en Camargue, vint au monde un taureau qu’on appela Biòulet.

Le mistral s’arrêta de souffler.

On revit les moustiques.

Tous ceux qui passaient par là s’arrêtaient. Il en arrivait de Sommières, de Lunel, de Fontvieille et même de Lorient.

- Papet, le maître à l’école il veut pas que je parle comme toi.

- Ton maître, peuchère (le pauvre), il vient de plus haut que Valence, c’est une autre civilisation là-bas.

A cette époque, le GPS, c’était les étoiles.

La famille de Biòulet était honorablement connue dans le voisinage.

Ils étaient là depuis toujours : « C’étaient pas des estrangers. »

(C’étaient pas des étrangers)

Le père de Biòulet était taureau d’encierro, on l’appelait Le Calu (le fou). Il faut dire qu’il n’était pas intelligent à l’école.

Il a signé un CDE, Contrat de Disponibilité pour l’Encierro.

 

Dans sa jeunesse, la mère de Biòulet était vache cocardière.

- Mamet disait qu’elle avait honte de voir les cocardières bacèler comme des biòulas ! (de taper dans les barricades comme des gros taureaux).

- Ta pauvre mamet ! Si elle voyait comment se conduisent les jeunes vaches maintenant ! Elles se parfument les banes (cornes), se mettent du noir. Elles bartassègent dans les tamaris ! (Elles font des galipettes dans les bosquets de tamaris)

Le grand-père de Biòulet était taureau d’abrivado.

Il avait son caractère, mais au fond c’était une pastasse (une bonne pâte).

 

- Papet, il paraît que mamet roundinait (ronchonnait) que tu t’étais fait copain avec une cavale, c’est possible ça ?

- Eh, dans les tournants, tout ça s’esquiche ! (se serre)

A l’époque de l’arrière-grand-père de Biòulet on n’allait pas trop à l’école. Un jour il a signé un contrat sans pouvoir le lire.

Il s’est fait couillonner : c’était pour devenir taureau à la corde.

- Papet, maman elle dit que taureau d’encierro, c’est pas un bon boulot.

- C’est ce que je dis à ton père, mais il veut rien entendre. Déjà tout petit c’était une closque (forte tête)

La Camargue change, on y rencontre même des élevages de taureaux espagnols. Les critiques fusent : « Ils viennent brouter l’herbe des Français. »

Pourtant quelques vachettes se laissent séduire.

- Je sais pas ce qu’elles y trouvent à ces manja-cagaraoule ? (mange-escargots)*

- Papet, tu as vu leurs banes (cornes) ? Elles sont presque à l’horizontale.

- Pardi (bien sûr), on dirait qu’elles vont tomber, alors que les nôtres, elles montent jusqu’au ciel.

Biòulet grandit. Il participe à quelques courses de village.

- Si tu continues à bourrer (foncer) comme ça, tu vas t’ensuquer (t’assommer). Et tu finiras en gardiane.

- Papet, tu veux dire que je serai comme la femme du gardian ?

- Oui, voilà, comme elle tu passeras à la casserole.

Le pélo (manadier) et les gardians remarquent Bioulet : « Tu peux croire qu’il a bon biais (bonne façon) ce taureau. » Mis à part Le Réboussier, tout le monde lui prédit une belle carrière, comme celle des footballeurs.

(Réboussier : celui qui prend plaisir à contredire)

Biòulet n’a pas trois ans. Malgré son jeune âge, il est sélectionné pour une course à la cocarde au trophée de l’Avenir.

Là, ça badine pas. (Ça ne plaisante pas)

 

- Y en a un qui arrête pas de bouléguer (bouger)** derrière la barricade, si je me le chope, je me l’embane.

- Mèfi plutôt à ceux qui courent vers toi.

Biòulet se retrouve vite confronté aux As.

C’est à l’occasion d’une grande course aux arènes d’Arles.

Ses supporters n’hésitent pas à venir de très loin.

- Papet, les grands cocardiers, ils disent que je vais me faire estriller (étriller) et que je finirai simbèou ! (boeuf domestique)***

- Ne les écoute pas, ce sont des jalousas.

Parmi les raseteurs on trouve quelques sacrés rastélaires

comme Le Caraque ou Marquamaou.

Ils ne font pas de cadeaux à Biòulet.

(Quelques sacrés roublards, comme le Bohémien ou Marque-mal.)

- Reste calme, mets-toi le cul à la planche.

- Mais papet, je sais plus où elle est la planche !

Biòulet est espoussé (expédié) en cinq minutes.

Le petit taureau trouve le réconfort auprès de sa mère.

- Papet, maman elle dit qu’ancien temps c’était plus facile de mestréjer.

- Avant, les biòus, c’était comme un soleil qui escalude (qui éblouit), avec la terre des hommes qui tourne autour.

Ancien temps, les raseteurs le prenaient à l’aise,

pour un grand taureau il était facile de dominer.

Désormais les raseteurs s’entraînent comme des champions pour les jeux olympiques. L’hiver, pour s’endurcir, ils courent tout nus dans la neige.

Si les taureaux veulent rester les maîtres, ils doivent les imiter.

C’est ce que décide de faire Biòulet.

- Encore des idées de ta mère, s’entraîner même à l’heure de la sieste !

- Maman elle dit que si on s’adapte pas, on va tous en péter (en mourir).

- Ta mère, c’est une idéiousse ! Elle voudrait péter plus haut que sa couette.

(Une illuminée qui voudrait péter plus haut que sa queue.)

La nouvelle saison arrive. Biòulet est à l’affiche à Nîmes. Il réalise une course sensationnelle, aucun As ne peut lui toucher la tête.

- Tu as vu tout ce qu’ils ont escampé dans la piste ?

- Des péquélets (petits enfants) racontaient que quand ils seraient grands ils voudraient être taureaux.

Mais sur le chemin du retour, du côté de Vauvert la route croise un passage à niveau. Surgit un TGV.

 - Bioulet, tu m’entends ?

- Papet, il y a eu comme un éclair qui escalude (qui éblouit).

- Bioulet, parle-moi !

- L’espace d’un instant j’ai revu mon pays de Camargue, couvert de fleurs et de chapeaux.

Biòulet a de la chance, il perd seulement une corne dans l’accident.

Il reprend son activité et de course en course forge sa légende.

Pendant ce temps, dans les prés de Camargue, la vie suit son cours. Seul évènement notable, la révolte des moustiques contre l’épandage d’insecticides.

C’était au mois de mai.

Les années passent.

Arrive le jour où à son tour Biòulet rejoint le Paradis des biòus. Là, il retrouve son papet et toutes les gloires de la bouvine.

- Oh mon papet, comme je suis content de te retrouver. C’est vrai que d’ici on peut assister aux courses d’en bas ?

- Eh pardine ! (Eh bien sûr !) D’ici on voit tout. C’est encore mieux qu’à la télé !

Le peuple de Camargue garde le deuil durant tout l’hiver.

Les taureaux font le serment de ne plus quitter le noir.

Puis le printemps revient, plus beau que jamais.

Des taureaux naissent et grandissent. Ils ont le regard fier.

Oui, c’est sûr, de grands biòus vont espélir  sous le ciel de Camargue.

(De grands taureaux vont éclore sous le ciel de Camargue)

 

* Voir le livre La Parole de l’estranger. Extraits sur le site.

** Certains amis des raseteurs bougent ne serait-ce que légèrement afin d’attirer l’attention du taureau, ce qui permet au raseteur de s’approcher de l’animal en n’étant repéré qu’au dernier moment. C’est une tricherie, d’où des sifflets de la part d’une partie du public.

*** En fait le simbèou est un taureau pacifique que les gardians utilisent pour manoeuvrer le troupeau ou pour canaliser l’ardeur d’un taureau récalcitrant. En lengo nostro simbèou signifie étendard, allusion au fait que ce taureau conduit les autres.

 

Début

 

3 - Quelques informations sur le taureau Gandar et autres éléments ayant inspiré le livre

          L’histoire de Bioulet, c’est un peu celle de Gandar (voyou), vedette des années 50 aux côtés du célèbre Vovo. Ce taureau a effectivement été victime d’un accident de chemin de fer qui lui a valu de perdre un corne. Et son intelligence lui a permis de poursuivre une brillante carrière malgré cet handicap. L’accident a bien eu lieu au passage à niveau de Vauvert, lors du retour aux près (pâturages) suite à une grande course de la manade Blatière donnée aux arènes de Nîmes. Concernant son accès au Paradis des biòus les sources sont plus incertaines, mais tous les amoureux de la Camargue en sont convaincus.

          Suite à la naissance miraculeuse de Bioulet (avec un flamant rose dans le rôle de la cigogne), on assiste à la venue de trois gardians, guidés par une étoile. Ce qui rappellera à tout le monde une vieille histoire. Mais cette fois les mages n’apportent pas or, encens et mire, mais plutôt du Muscat de Lunel, de l’huile d’Olive de Fontvieille et de Sommières (en fait du village voisin, Villevieille). Leur progression est accompagnée par la célèbre la marche des rois « Dé boun matin, aï rencountra lou trin dé très grand réi... » (j’écris comme cela se prononce) De bon matin, j’ai rencontré le train de trois grands rois... Et dans le lointain, on distingue un train. Jeu sur les mots. En même temps ce train constitue un plan d’appel pour l’accident.

          Les lecteurs du livre apprendront que si la famille de Bioulet est honorablement connue dans le voisinage, elle comprend toutefois un cousin peu scrupuleux. On l’a surpris à escumer (rapiner) dans les jardins du côté d’Aimargues et du Cailar. Allusion au surnom rauba-vesses (voleur de fourrage) donné aux habitants d’Aimargues par ceux du Cailar. Le surnom serait issu d’un conflit au sujet de pâturages entre ces populations dont les territoires se jouxtent.

          De même, dans le plan qui représente la Camargue paisible, le lecteur reconnaîtra derrière le personnage à l’appareil photo, le fantôme de Joseph D’Arbaud, au bois des Rièges. Allusion au chef d’oeuvre de cet auteur, La bête du Vaccarès, un des plus beaux textes et des plus mystérieux écrits en provençal.

          Le film souligne la présence en Camargue de taureaux d’origine espagnole. Situation de plus en plus fréquente depuis quelques décennies. Ces taureaux sont d’une morphologie bien plus imposante que celle des taureaux camarguais, et ils sont réputés très fiers, tout comme le peuple espagnol. D’où les sarcasmes des camarguais. Ce que le film n’a pu reprendre du livre, c’est ce qu’il advient de ces animaux qui se déclarent « Toros ibericos muy peligrosos », taureaux espagnols très dangereux (en espagnol). Un deuxième plan ne montre plus que deux taureaux dans la Ganaderia (élevage espagnol), moins fiers. Suivi d’un troisième plan où un taureau, pas fier du tout, reste seul tandis que l’autre est embarqué dans un camion. A destination d’une corrida d’où il ne reviendra pas. Revanche des Camarguais !

          En arrière plan du film comme du livre : les gitans, les chevaux, et les moustiques. Personnages incontournables de la Camargue. Les possibilités offertes par le film ont d’ailleurs permis de multiplier les arrivées de moustiques jusqu’à rendre obsessionnelle leur présence, et préparer l’apothéose de la Révolte des moustiques. Qui bien sûr a lieu au mois de mai. Les anciens soixante’huitards, ainsi que les militants occitanistes de l’époque du Larzac ne seront pas dépaysés en lisant les slogans.

          Lorsque Bioulet prend une rouste dans les arènes d’Arles, il entend la voix de son grand-père qui lui dit : « Mets-toi le cul à la planche. » Sage conseil. C’est en effet la meilleure position pour le taureau qui veut dominer. En ayant l’arrière train collé contre la barricade, il se trouve en effet dans la meilleure position pour observer ce qui se passe en piste, et donc pour éviter de se faire surprendre. Mais Biòulet est perdu : « Je sais plus où elle est la planche ! »

          Il faut dire que certains raseteurs n’hésitent pas à tricher de manière à mettre d’emblée le taureau en situation d’infériorité. D’où les noms dont ils sont affublés : le Caraque (bohémien, trimard) et Marquamaou, celui qui marque mal, qui a mauvais genre. Ce sont des rastelaïres, mot dérivé de rastel, râteau. Ils n’ont d’autre objectif que de prendre des attributs sur la tête du taureau, comme on le ferait avec un râteau, et ce sans souci du style. (Pour plus d’informations sur tout cela, voir Avise, le biòu. )

          Le livre n’en reste pas là, côté raseteur. Il serait en effet bien triste de considérer tous les raseteurs comme des rastélaïres. C’est pourquoi l’histoire originale fait apparaître une nouvelle générations de raseteurs, corrélativement aux triomphes de Biòulet-Gandar. Le raseteur emblématique se nomme Bouffarel. Dans la crèche, l’ange bouffarel est celui qui trompette, il est annonciateur de joie. Bouffer, souffler. A cette occasion, le livre fait d’ailleurs allusion à une scène dont j’ai été le témoin : un jour le grand raseteur Christian Chomel a glissé et s’est étalé devant un taureau qu’il avait coutume de faire briller, le célèbre Barraié. Ce dernier aurait pu l’encorner méchamment, or il a lancé la corne mais de toute évidence sans vouloir le blesser. C’est ce qui a inspiré un dialogue du livre. « Un jour il s’est embronché devant moi, j’ai fait semblant de mettre un coup de bane », assure Biòulet. Et le papet répond : « Ne me l’escagasse pas, je l’aime trop ce petit. » Escagasser, abîmer.

          Un point central du livre comme du film est la réflexion sur l’entraînement. Comme l’explique Idéiousse à son fils Biòulet, « avant, les raseteurs le prenaient à l’aise, pour un grand taureau, il était facile de dominer ». A ce moment l’on discerne dans la bulle un taureau qui trinque avec un raseteur. Evocation d’un bon vieux temps où taureaux et raseteurs étaient à égalité. Et où l’entraînement des raseteurs s’effectuaient en bonne partie au bistrot, autour d’une bouteille de pastis (beaucoup de liquides jaune dans tous les verres, depuis le début !). Or, comme le signale le plan suivant, « désormais les raseteurs s’entraînent comme des champions pour les jeux olympiques ». Ils s’entraînent notamment à courir et à sauter et beaucoup sont devenus des sportifs de haut niveau. Cela introduit un déséquilibre dans la course camarguaise, situation qui pose de sérieux problèmes. Même les meilleurs taureaux ne sont plus en mesure de s’imposer face à huit ou dix bons raseteurs décidés.

          Dans le livre et dans le film, la solution est simple : les taureaux n’ont qu’à s’entraîner aussi. Dans la réalité, le problème reste entier. Et pour l’instant aucun règlement nouveau n’a résolu le problème. Pourtant, que le spectacle est beau quand les conditions sont réunies pour que les raseteurs jouent le jeu du raset loyal. Ce sont des voeux que je formule lorsque j’écris (dans le livre) : « Côté raseteur, c’est la bonne entente. Les rastélaïres ont quitté les pistes ... Le public qui avait déserté les arènes revient en masse. On s’esquiche sur les gradins. On s’entasse. »

          Dernier dialogue avant la montée au Paradis.

Biòulet : « Papet, je me régale quand Bouffarel il me fait des rasets »

Papet : « Il est brave celui-là. Les jeunes raseteurs le badent et prennent modèle sur lui. »

Bader : admirer.

 

René Domergue, le 20 février 2010

 

 

 

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